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Ambassadeur Verger Partagé (fr)

"J’aimerais voir plus d’arbres fruitiers à des endroits moins évidents"

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Dans un coude de la voie ferrée à Schaerbeek se trouve le jardin ouvrier de Françoise. Elle y a planté une dizaine d’arbres. Son but : planter le plus possible d’arbres fruitiers. Et elle espère que beaucoup d’autres feront de même.

Françoise aux multiples talents

Françoise gère cinq vergers : son propre jardin à Schaerbeek, les jardins participatifs à Etterbeek, le verger de Velt chez Parckfarm, son propre verger à Ciney et le verger de Flore & Pomone, dans le Brabant-Wallon.

En plus d’être jardinière et formatrice en matière de fruits, Françoise est aussi musicienne et céramiste. «Tout cela se tient et fait un tout. Pour moi, ce sont des manières différentes et convergentes de regarder la terre ou de travailler avec elle.»

Jardin ferroviaire à Schaerbeek – Une pépinière expérimentale

«Ce jardin, parmi d’autres, bordés par la voie ferrée, je l’ai découvert il y a une dizaine d’années. Je me rendais à l’école de musique de l’autre côté du chemin de fer quand j’ai remarqué un bout de terrain en jachère. L’herbe était haute et il y avait plusieurs arbres renversés. L’homme qui jardinait sur la parcelle voisine, un Italien, fut d’emblée enthousiaste à l’idée d’avoir un nouveau voisin !»

Cela a demandé pas mal d’efforts à Françoise pour obtenir son lopin de terre. Le terrain appartient à la SNCB et les négociations avec la société des chemins de fer sont avérées  lentes et difficiles. Elle a obtenu un contrat pour neuf ans, mais la parcelle peut être réclamée à n’importe quel moment.

Petit à petit, Françoise a aménagé un potager, mais comme elle est une passionnée des fruits, elle cultive des fruitiers en plus des légumes. «Le jardin est devenu ma petite pépinière. C’est ici que je plante et greffe les arbres fruitiers pour mon verger de Ciney. Je fais aussi beaucoup de greffages pour d’autres personnes. Je ne vends pas : j’expérimente et je distribue.»

Dans la pépinière il y a principalement des arbres à basse tige. «Les basses tiges poussent plus vite. J’ai 49 ans et j’aimerais encore pouvoir manger des fruits de ma propre production ! De plus, il ne peut y avoir que des arbres à basse tige le long de la voie ferrée. Pourtant les hautes tiges sont mes arbres préférés à cause de leur développement et de leur résistance à la sècheresse et aux maladies. Ceci surtout dans la perspective d’un éventuel réchauffement climatique.»

Les greffons proviennent principalement de l’ASBL Flore & Pomone. Cette association possède un verger dans le Brabant-Wallon, avec plus de 400 variétés différentes de pommes et de poires. Un vrai musée fruitier ! Le verger a été planté par un ancien militaire, qui, dans les années quatre-vingts, voyait disparaitre de plus en plus de vergers. De ses expéditions en Flandres, aux Pays-Bas et en France, il a ramené des coursonnes afin de conserver d’anciennes variétés. Depuis, les arbres basse tige ont atteint l’âge de trente ans. «Ils doivent être remplacés, dit Françoise, c’est pour ça que j’essaie de reproduire nombre de variétés par greffage, et ainsi aider l’association à les conserver.»

L’art du palissage

À côté de la culture d’arbres fruitiers, Françoise s’est aussi spécialisée dans le palissage. «Mon tout premier poirier en espalier a été un Conférence. À l’époque j’ignorais comment palisser un arbre, alors le résultat actuelest un arbre sans plus aucune forme. Il me sert d’exemple pour montrer aux gens ce qui arrive quand on ne soigne pas son travail.»

Françoise aime faire profiter les autres de ses compétences. Elle donne des cours de taille fruitière sur espalier et de jardinage collectif. Son Bon Chrétien Williams elle l’a récupéré dans un jardin collectif. «Il était délaissé, alors je l’ai ramené ici dans mon jardin pour lui redonner une forme. Les gens oublient que les fruitiers palissés demandent beaucoup de travail !»

Françoise a encore recueilli un autre arbre. «L’Ananas de Courtrai provient du jardin de Lutgard en Bart. Il n’allait pas très bien à cause de la sècheresse, et n’avait encore que de toutes petites racines. Alors je l’ai rabattu assez fort. Je pense qu’il va reprendre. »

Culture biologique sur un sol légèrement pollué

Le terrain est situé dans un coude de la voie ferrée où les trains doivent faire usage de leurs freins et ainsi provoquer, potentiellement, des dépôts de métaux lourds. Françoise a fait analyser le sol. « Acceptable » fut le verdict. « Pour les fruits, ce n’est pas trop grave, mais, quand il s’agit de légumes, la chose est moins recommandable. »

« J’aimerais déplacer à Ciney une partie de la production légumière, même si, à la campagne, les choses ne sont pas toujours idéales non plus : les agriculteurs pulvérisent leurs champs. Parfois je me demande ce qui est préférable ; culture bio sur un sol légèrement pollué ou culture « traditionnelle » à la campagne ? Je remarque qu’il y a beaucoup plus d’abeilles ici qu’à Ciney, parce que les voisins n’utilisent pas de pesticides. »

Le Sud dans le jardin

Le grand nombre de nationalités dans le voisinage se reflète dans les jardinets : vignes marocaines, cardons du Midi, artichauts italiens, bibaciers (néfliers du Japon) turcs…

Les échanges se font spontanément. Les bons conseils, tel l’utilisation du compost, circulent. « J’ai appris à mon voisin italien à travailler avec le compost pour la culture de ses tomates. Son voisin turc n’a pas tardé à savoir, lui aussi, comment faire. »

Presser, sécher et fermenter.

Françoise expérimente non seulement au jardin mais aussi à la cuisine. «À Etterbeek, nous organisons chaque année un évènement fruitier. Nous exposons des variétés et montrons des techniques pour la transformation. Je recherche donc un maximum de manières de transformer les fruits.»

«Ce qui me va le mieux, c’est le pressage, la fermentation et le séchage. Je fais du jus de pommes et je le partage avec des amis. J’ai aussi fait mon propre champagne de fleurs de sureau. Les pommes et les poires, je les sèche. Surtout les poires beurrés, car leur durée de conservation est très courte. Une poire séchée a presque le goût d’une figue !»

«Dans la région de Liège, il y a la traditionnelle ‹ poire tapée ›, une poire séchée à moitié, puis aplatie et ensuite séchée une deuxième fois. Cela donne une texture moelleuse. Jadis on profitait de la chaleur restante du four à pain après les cuissons. C’est une tradition qui se perd et que j’aimerais transmettre aux autres.»

Rêves d’arbres

«Mon rêve le plus cher serait de planter le plus grand nombre d’arbres possible ! J’aimerais voir plus d’arbres fruitiers à des endroits moins évidents, tels que les parkings, les cimetières, les endroits où les gens se retrouvent… Un arbre fruitier a aussi une fonction de plante culturelle. Il a en même temps tellement d’autres fonctions (écologiques), comme celle d’accueillir oiseaux et insectes. Les arbres sont nécessaires en ville, aussi pour des raisons didactiques et écologiques.»

«Quelqu’un qui veut planter des fruitiers, il faut lui conseiller d’observer : qu’est-ce qui fonctionne, selon lui, et qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Il faut s’informer des possibilités ; lire et apprendre comment fonctionnent les arbres, afin de pouvoir les soigner correctement. Partager avec les autres autant que possible… Pour finir — et c’est le plus important — il faut planter !»

Des fruits à la pelle… dans le jardin urbain de Lutgard et Bart !

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Lutgard et Bart sont tous deux grands amateurs de fruits. Leur gout pour les fruits frais leur a été transmis dès la plus tendre enfance. Lutgard accompagnait ses parents lorsqu’ils partaient à la cueillette sauvage, et elle se souvient de son père qui ramenait des cageots entiers de fruits — parfois même des sortes inhabituelles — de chez le marchand turc. Quand il était enfant, Bart chipait des fruits chez son grand-père qui était grossiste. ou bien allait marauder dans le jardin de ses autres grands-parents. Conséquence de tels antécédents : depuis deux ans, dans leur jardin urbain de 150 m2, ils ont planté pas moins de vingt arbres fruitiers. Peut-être même plus !

Le jardin de Lutgard et Bart est entouré de hauts murs, avec pour conséquence un ensoleillement quelque peu réduit. Cela représente un défi pour eux, mais en même temps une belle opportunité. « Afin de tirer le meilleur parti possible de l’espace disponible ainsi que de l’ensoleillement, nous avons planté principalement des arbres en espalier contre les murs et y avons fixé des treillages pour la vigne. Nous avons aussi planté des arbustes en espalier contre le pignon avant. Sur le toit plat, nous avons placé les fruitiers les plus exigeants en lumière solaire : kiwaïs, poires-melons (pepino), pêches et figues. Quant aux endroits les plus ombragés, nous y avons installé les arbustes à baies, qui n’ont pas trop besoin de soleil. » Ceci montre bien que, même en ville, il y a bien souvent plus de possibilités qu’on n’imagine !

Leur objectif est clair : planter autant de fruitiers que possible. Pour ce faire, ils se sont aussi fait conseiller. « Comme nous n’arrivions pas à déterminer le nombre d’arbres fruitiers que nous pourrions planter, nous avons demandé conseil à un professionnel : vingt arbres sans problème, fut la réponse. On nous a recommandé de choisir aussi bien des variétés précoces que des variétés tardives, et nous les avons plantées selon leurs besoins en ensoleillement. » Grâce aux conseils et à un aménagement bien combiné, Lutgard et Bart sont maintenant les fiers gardiens de pas moins de vingt arbres fruitiers : onze pommiers, cinq poiriers, deux muriers, un figuier et un cognassier.

L’orgueil de leur jardin ? « C’est notre murier ! Il provient d’une bouture d’un murier séculaire qui se trouve au Geertruihof à Louvain, l’endroit où nous nous sommes rencontrés. Il s’agit donc d’un arbre très symbolique. Le bouturage ne fut pas chose facile, mais nous avons eu la chance de faire la connaissance d’un pépiniériste professionnel qui était d’accord de le faire pour nous. Il ne voulait pas nous livrer son secret et nous avons dû couper une certaine branche de l’arbre, à une date bien précise et la lui apporter d’une façon particulière. Et c’est ainsi que ce murier est arrivé chez nous ! »

Il est vrai que la culture fruitière est devenue une véritable activité familiale, si pas en matière d’entretien, en tout cas pour ce qui est de la dégustation ! « Nos enfants ont pu participer au choix de ce que nous allions planter et aussi de l’emplacement. Ils sont ravis qu’il y ait tant de groseilliers, et de pouvoir en chaparder leur plait énormément. » La récolte, qui selon toute probabilité ne cessera d’augmenter au fil des ans, est entièrement consommée par la famille. Au début, les premières petites pommes furent partagées en quatre parts égales afin que chacun puisse en savourer un morceau. « Si tout va bien, on peut certainement s’attendre à cinq cents pommes par an. Ce ne sera certainement pas trop pour nous car nous raffolons des fruits. Mais, naturellement, nos invités peuvent se régaler aussi. »

Tout se passe donc comme dans le meilleur des mondes ? « Les oiseaux nous causent bien quelques soucis » nous confie Bart. « Les pigeons nous piquent des groseilles, et les perruches à collier bectent les fruits et les font tomber. On risque de se retrouver sans récolte. Nous devons donc prendre un certain nombre de mesures. Les filets ne sont pas fort esthétiques. Et, réflexion faite, acheter un pistolet à air comprimé ne me semble pas non plus être la meilleure solution. Nous allons probablement accrocher des objets brillants pour effaroucher les oiseaux. » Ont-ils d’autres rêves pour leur jardin urbain ? « Oui, une serre pour des fruits méridionaux comme les melons, ça me plairait bien », nous avoue Lutgard.

Et aux autres fruiticulteurs amateurs ils recommandent la patience. « On ne peut pas vouloir que le jardin soit aménagé dès le début. Il faut que les choses croissent, au sens propre et au sens figuré ! » Bart a découvert que le plaisir ne réside pas uniquement dans la consommation des fruits. « Voir pousser les arbres et arbustes, les tailler, les soigner… Pour rien au monde je ne voudrais être privé de tout cela ! » Bart et Lutgard sont aussi très positifs par rapport aux conseils qu’ils ont trouvés auprès des professionnels : « Il suffit d’aller trouver un bon pépiniériste avec quelques photos de sa maison et de son jardin et de lui demander un conseil sur mesure. De cette façon l’arbre qu’on achète se retrouve à la bonne place et les belles récoltes ne se feront pas attendre. Il existe, à coup sûr, une variété adaptée au jardin de chacun ! »

 

  • Emplacement: Molenbeek
  • Superficie: 150 m²
  • Espèces fruitières: 11 pommiers, 5 poiriers, 2 petits muriers, 1 figuier, 1 cognassier, 
1 vigne, kiwaïs, poires-melons (pepino), pêcher, groseilliers.
  • Âge des arbres: 2 ans
  • Types de fruitiers: Principalement espaliers et basses tiges. Exception : cognassier demi-tige.

Velt porte le projet « Verger Partagé, à Bruxelles ». Si vous avez des questions, adressez-vous à [email protected]. Nos amateurs de fruits expérimentés vous aideront à y voir plus clair.

Naturellement nous travaillons aussi en partenariat avec des organismes bruxellois de premier rang tels que :

   

 

Un petit coin d’Italie à Ixelles : le verger de Refresh

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Le Verger d’Italie est un verger urbain qui fut créé en 2016, entre l’avenue d’Italie et un petit boqueteau appelé Bois des Commères. Étant donné la déclivité trop importante de la parcelle disponible, ce qui était initialement prévu comme potager à vocation pédagogique en maraichage biologique, destiné à des demandeurs d’emploi, devint finalement un verger. La plantation a été réalisée par le biais d’un parcours participatif avec des demandeurs d’emploi et avec le soutien de la stratégie Good Food.

Refresh

C’est à cette époque que fut créée la cantine de quartier Refresh, pour qui les valeurs fondamentales ne sont pas seulement l’alimentation durable mais aussi l’autoproduction et l’agriculture urbaine. Laurent Dennemenont, directeur de Refresh, nous raconte : « Grâce aux valeurs que nous défendons, nous avons été chargés, par la stratégie Good Food, de gérer le site, de valoriser le verger et d’élaborer un volet éducatif. Nous proposons des séances d’information ainsi que des activités pour divers publics cibles : les habitants du quartier, l’école voisine… »

Refresh souhaite remettre le citoyen en connexion avec la nature et ses aspects saisonniers. « Nous organisons quatre ateliers par an, au cours desquels nous entretenons le verger tous ensemble. Nous plantons au printemps, récoltons en été et en automne et taillons en hiver. Bien sûr, nous n’agissons pas tout seuls ! Nous collaborons avec des partenaires tels que Urban Ecology et l’association Aromatisez-vous. » Les ateliers sont gratuits et accessibles à toutes et à tous. Les participants viennent pour parfaire leurs connaissances et acquérir de la pratique, en même temps ils apportent une aide précieuse pour l’entretien du verger.

Le verger est un bien collectif, c’est-à-dire que tout le monde peut en faire usage. Il est clôturé afin de maintenir les chiens à l’extérieur, mais il n’est pas fermé à clé. « Pour nous le verger est un lieu de rencontre idéal, et nous avons installé une table de piquenique de telle sorte que tout un chacun se sente le bienvenu. »

Cent pour cent écologique

Refresh opte résolument pour une gestion écologique. Laurent : « Nos investissements dans le verger sont destinés à attirer non seulement plus de monde mais aussi plus d’animaux et de biodiversité. Ainsi, l’an dernier, nous avons planté des bulbes à fleurs biologiques pour attirer les insectes. À présent, des tulipes sauvages poussent parmi les arbres et vont se reproduire au fil des années. Nous avons aussi installé des herbes aromatiques — telles que la sauge et le thym — auprès des arbres pour les protéger contre certaines maladies. »

La plupart des espèces fruitières sont des variétés robustes et résistantes, sélectionnées par le centre de recherches agronomiques de Gembloux. Certaines variétés sont choisies pour leur productivité. Laurent explique : « Nous avions planté des poires Conférence pour montrer comment se développent les fruits que l’on trouve dans le commerce. Mais en fait cela ne se passe pas trop bien : nous avons des problèmes de rouille grillagée. »

Le verger comporte aussi beaucoup d’espèces qu’on ne trouve pas dans les magasins. « Les poires Nashi, elles, se portent bien. Elles sont de bonne qualité gustative et, de plus, résistantes à la rouille grillagée ! Nous cultivons aussi des groseilles à maquereau, qui ne se trouvent pas facilement dans le commerce. Grâce à notre jardin les gens en comprennent aisément la raison : les branches garnies d’épines ! Notre verger recèle tant de variétés différentes. En venant ici, les gens peuvent découvrir qu’il y a non seulement des groseilles rouges mais aussi des roses et des blanches. »

L'herbe haute

Refresh ambitionne d’inspirer non seulement les citoyens mais aussi d’autres communes. Après tout, un verger urbain est une belle façon de valoriser les espaces verts sans nécessiter des investissements financiers inconsidérés. « Planter un verger ça ne se fait qu’une fois et, par la suite, cela ne demande plus vraiment beaucoup d’entretien. Avec un peu de motivation et d’énergie il est tout à fait possible d’en faire quelque chose de beau ! Ainsi, après à peine trois ans, nous obtenons déjà une belle production et créons du bénéfice à différents niveaux : esthétique, éducatif et écologique ! Tout le monde y gagne : les habitants du quartier, la commune et la nature. »

Pourtant tout n’a pas été sans problème ! « Effectivement. Au début il y a eu des réticences de la part des habitants les plus proches. Nous avons dû leur expliquer en détail en quoi consistait le projet et les rassurer. » Le verger jouit du label Réseau Nature de Natagora. Cela implique que les gestionnaires ne peuvent pas utiliser de pesticides, qu’ils maintiennent une végétation semi-spontanée et ne tondent que lorsque c’est nécessaire et seulement autour des arbres, laissant par ailleurs des herbes hautes. « C’est ce que nous expliquons clairement sur le panneau placé à l’entrée. L’herbe haute n’est donc pas le résultat d’une mauvaise gestion mais un choix pour stimuler la biodiversité ! »

Les effets de la sècheresse croissante sont perceptibles ici également. « Le fait que le terrain soit en pente n’a rien changé au problème, et la production s’en est trouvée quelque peu plus réduite. Mais n’est-ce pas une chose qui peut arriver dans la vie d’un verger ? Les périodes de sècheresse vont inciter les arbres à enfoncer leurs racines plus profondément dans le sous-sol, ce qui les rendra plus résistants pour l’avenir. »

Tout le monde en profite

 

Du reste, la récolte est pour tout le monde. « Nous encourageons les habitants du quartier à cueillir des fruits lorsqu’ils passent devant le verger. Le verger est un bien collectif. » Toutefois, en été, lorsque la production culmine, il n’y a pas grand monde dans le verger… « C’est pour cette raison que, fin juin, nous organisons une dernière activité de cueillette, avec l’école. S’il reste des surplus après cela, nous cueillons nous-mêmes et transformons la récolte à la cantine. Nous faisons des confitures ou du vinaigre de mûres, que nous étiquetons ‹ Made in Ixelles ›. La cantine vend ou sert ces produits locaux. »

« Eh ! oui, il arrive parfois que des passants cueillent trop !… Mais ça aussi, cela fait partie du projet. L’idée est que les gens sont copropriétaires du verger et que cela limite les risques d’abus. Nous constatons souvent le contraire : les gens n’osent pas cueillir. Ils ne savent pas s’ils peuvent. D’autres ont peur des plantes « sauvages » et ne font confiance qu’à ce qu’ils trouvent dans le commerce. C’est bien dommage. Nous allons donc placer des pancartes à côté de chaque variété, avec une photo ainsi qu’une description. L’aspect éducatif s’en trouvera ainsi encore accru. »

Nous voulions savoir s'il y avait des projets pour l’avenir. La réponse de Laurent ne se fit pas attendre : « Je voudrais planter du houblon. Cette plante donne de jolies fleurs. De plus, Bruxelles est la ville de la bière. Je veux donc montrer aux Bruxelloises et Bruxellois comment la plante est cultivée ! »

Des conseils pour d’autres promoteurs et communes, Laurent n’en manque pas. « Aller de l’avant, tout simplement. Parfois on se heurte à des obstacles, mais aménager et valoriser des espaces verts est une chose qui vaut vraiment la peine d’être entreprise. Nous (Refresh, mais également Urban Ecology et Aromatisez-vous) avons déjà acquis une certaine expertise dans le domaine, et nous sommes tout disposés à partager notre expérience avec d’autres. Qu'on se serve de nous comme modèle pour montrer aux habitants d’un quartier combien un verger urbain peut être beau. On peut aussi venir nous demander conseils et accompagnement. Donc, il faut foncer, sans hésitation ! »

En savoir plus ? https://issuu.com/refreshxl/docs/20181224_rapport_verge_d_italie_201

 

 

  • Emplacement: Avenue d’Italie, Ixelles
  • Superficie: 0,1 ha
  • Espèces fruitières: 12 pommiers, 24 poiriers, 6 pruniers, 1 cerisier, 1 châtaignier, framboisiers, fraisiers, groseilliers (rouges, blancs, roses), groseilliers à maquereau, caseilliers (Josta), mûriers ronces, raisins.
  • Âge des arbres: 3 ans
  • Types de fruitiers: Tous hautes tiges, excepté le cerisier en demi-tige (3-5 m)

Velt porte le projet « Verger Partagé, à Bruxelles ». Si vous avez des questions, adressez-vous à [email protected]. Nos amateurs de fruits expérimentés vous aideront à y voir plus clair.

Naturellement nous travaillons aussi en partenariat avec des organismes bruxellois de premier rang tels que :

   

 

Gelée de coings et tanières de renards : le jardin ouvrier de Chantal

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Cela fait dix ans que Chantal Callens loue une parcelle de 200 m2 dans les jardins ouvriers « Op den Berg », à Woluwe-Saint-Lambert. Elle y a installé, outre un potager, une véritable petite forêt comestible faite d’arbres fruitiers de toute espèce. « Chaque année, je plante un fruitier au minimum », nous raconte la jardinière avec enthousiasme.

En dehors de sa parcelle, elle entretient, avec les autres jardiniers des arbres fruitiers et petits fruits plantés sur les espaces communs ? « Il y a une bonne entente dans les jardins, on se donne des coups de main l’un l’autre. » Le bourgmestre est aussi très motivé et apporte son aide où et quand il peut. Il fait déposer du broyat, avec lequel les jardiniers entretiennent les allées et paillent leur parcelle.

Les jardins ouvriers se trouvent partiellement sur le domaine de l’ancienne ferme Hof ten Berg où, après la Seconde Guerre mondiale, la population venait cultiver de quoi se nourrir. À présent, le domaine est classé patrimoine protégé, ce qui met une partie des parcelles à l’abri d’allotissement.  « J’estime qu’il est important de préserver les jardins ouvriers. N’ont-ils pas permis à une partie de la population de survivre après la Deuxième Guerre mondiale ? Non seulement ils fournissaient de la nourriture mais ils retenaient les hommes loin des cafés. Nous ne pouvons laisser cela se perdre. » En plus des jardins ouvriers, le domaine dispose aussi d’une ferme pédagogique, avec des ruches et des poules. Les jardiniers y donnent de temps en temps un coup de main. A côté du domaine, il y a une zone marécageuse et un puits ancien mais bien pratique pour l’arrosage des jardins.

Chantal cultive ses légumes, herbes et fruits de manière écologique, comme tous les autres jardiniers. « J’applique les principes de permaculture dans l’ensemble du jardin. Dès lors j’essaie de tailler le moins possible, mais parfois il faut supprimer l’une ou l’autre branche pour éviter que les arbres ne prennent trop de lumière. Les branches taillées, je les réutilise soit pour faire des clôtures soit pour en faire des tas où les hérissons peuvent faire leur nid. Aujourd’hui, je sais ce qu’il faut faire, mais quand j’ai commencé je faisais beaucoup d’erreurs. Heureusement, je pouvais faire appel aux voisins, des personnes âgées avec beaucoup d’expérience. J'ai été une des premières femmes dans ce jardin familial, mais à présent nous sommes plus nombreuses. »

Deux poules se promènent dans son verger : elles éliminent des parasites et fournissent de l’engrais. Elles passent la nuit à l’abri de leur poulailler. C’est préférable, étant donné qu’un couple de renards a élu domicile à proximité. « Je vois aussi beaucoup d’oiseaux : piverts, mésanges bleues, moineaux, rossignols, bouviers et grandes corneilles. C’est un peu de campagne dans la ville. » « J’ai quatre enfants, dont un qui nécessite des soins permanents. Vivre à la campagne n’était pas imaginable pour moi. Grâce à ce jardin ouvrier, je peux vivre au rythme des saisons. De plus cela me rend complètement zen. Le jardin m’aide à méditer. »

Pourtant, tout n’est pas toujours au beau fixe. Tantôt l’été est trop humide, tantôt il est trop sec. « Nous devons sans cesse nous adapter. Heureusement, j’ai eu de belles récoltes l’année dernière grâce au puits. Hélas ! nous sommes aussi victimes de vols : on vient nous dérober des fruits et des légumes la nuit. Non, pas toujours des personnes ! Grâce aux caméras infrarouges que nous avons installées, nous avons découvert qui, depuis des années, venait dépouiller nos groseilliers rouges… Les renards ! Ils se couchent sous les arbrisseaux et cueillent nos groseilles, tout au long de la nuit. Le lendemain matin il n’y a plus une seule groseille sur le buisson ! »

L’inverse arrive aussi : la nature nous comble avec une récolte abondante. « Lorsqu’il y a trop pour mes enfants et moi-même, je partage avec d’autres jardiniers. Et eux font de même. À l’entrée du terrain nous déposons des sacs avec les surplus de récolte, et chacun prend ce dont il ou elle a envie. » Chantal confectionne aussi des confitures avec ses fruits. Les coings du verger collectif, elle les transforme en délicieuse gelée.

Chantal et ses collègues jardiniers ne se contentent pas de soigner et cultiver leur parcelle. Le printemps dernier, ils ont ouvert les portes des jardins familiaux au public. « Cela attire toujours beaucoup de monde, et les gens sont fort intéressés ! ». A-t-elle d’autres conseils pour ceux et celles qui voudraient se lancer ? « Ne jamais se laisser décourager et être patient », est la réponse de Chantal. « Au début, on veut que tout aille vite et pousse rapidement, mais c’est la nature qui décide. »

A-t-elle d’autres projets pour le jardin ? « Oh ! oui, j’ai encore beaucoup d’idées ! Ainsi, par exemple, j’aimerais transformer mon potager en potager de curé : je voudrais le diviser en quatre parcelles, avec, au milieu, un massif de fleurs et autour des quatre parcelles je planterai de l’osier en guise de brise-vent. » Un jardin de plantes médicinales est aussi sur ma liste de souhaits. D’ici deux ans je prendrai ma retraite et j’aurais alors plus de temps pour travailler au jardin. Je me réjouis déjà ! »

 

Lieu du jardin

Guillemets à Woluwe-Saint-Lambert

Superficie

Parcelle de 150 m2

Espèces fruitières

Sur sa parcelle: 2 cerisiers, 1 mirabellier, 2 prunier, 2 pommiers, 1 vigne, 1 kiwi, 1 figuier, 2 noisetiers, 1 pêcher

dans les espaces communs: groseilliers rouges, blancs et noirs, 1 cognassier, noyer

Age des arbres

Entre 1 et 10 ans

Forme

Sur sa parcelle, uniquement basses-tiges, sur les espaces communs aussi des hautes-tiges.

Estimation de la récolte

La production varie selon le temps, mais on peut compter sur plusieurs kilos par arbre.


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