Lutgard et Bart sont tous deux grands amateurs de fruits. Leur gout pour les fruits frais leur a été transmis dès la plus tendre enfance. Lutgard accompagnait ses parents lorsqu’ils partaient à la cueillette sauvage, et elle se souvient de son père qui ramenait des cageots entiers de fruits — parfois même des sortes inhabituelles — de chez le marchand turc. Quand il était enfant, Bart chipait des fruits chez son grand-père qui était grossiste. ou bien allait marauder dans le jardin de ses autres grands-parents. Conséquence de tels antécédents : depuis deux ans, dans leur jardin urbain de 150 m2, ils ont planté pas moins de vingt arbres fruitiers. Peut-être même plus !

Le jardin de Lutgard et Bart est entouré de hauts murs, avec pour conséquence un ensoleillement quelque peu réduit. Cela représente un défi pour eux, mais en même temps une belle opportunité. « Afin de tirer le meilleur parti possible de l’espace disponible ainsi que de l’ensoleillement, nous avons planté principalement des arbres en espalier contre les murs et y avons fixé des treillages pour la vigne. Nous avons aussi planté des arbustes en espalier contre le pignon avant. Sur le toit plat, nous avons placé les fruitiers les plus exigeants en lumière solaire : kiwaïs, poires-melons (pepino), pêches et figues. Quant aux endroits les plus ombragés, nous y avons installé les arbustes à baies, qui n’ont pas trop besoin de soleil. » Ceci montre bien que, même en ville, il y a bien souvent plus de possibilités qu’on n’imagine !

Leur objectif est clair : planter autant de fruitiers que possible. Pour ce faire, ils se sont aussi fait conseiller. « Comme nous n’arrivions pas à déterminer le nombre d’arbres fruitiers que nous pourrions planter, nous avons demandé conseil à un professionnel : vingt arbres sans problème, fut la réponse. On nous a recommandé de choisir aussi bien des variétés précoces que des variétés tardives, et nous les avons plantées selon leurs besoins en ensoleillement. » Grâce aux conseils et à un aménagement bien combiné, Lutgard et Bart sont maintenant les fiers gardiens de pas moins de vingt arbres fruitiers : onze pommiers, cinq poiriers, deux muriers, un figuier et un cognassier.

L’orgueil de leur jardin ? « C’est notre murier ! Il provient d’une bouture d’un murier séculaire qui se trouve au Geertruihof à Louvain, l’endroit où nous nous sommes rencontrés. Il s’agit donc d’un arbre très symbolique. Le bouturage ne fut pas chose facile, mais nous avons eu la chance de faire la connaissance d’un pépiniériste professionnel qui était d’accord de le faire pour nous. Il ne voulait pas nous livrer son secret et nous avons dû couper une certaine branche de l’arbre, à une date bien précise et la lui apporter d’une façon particulière. Et c’est ainsi que ce murier est arrivé chez nous ! »

Il est vrai que la culture fruitière est devenue une véritable activité familiale, si pas en matière d’entretien, en tout cas pour ce qui est de la dégustation ! « Nos enfants ont pu participer au choix de ce que nous allions planter et aussi de l’emplacement. Ils sont ravis qu’il y ait tant de groseilliers, et de pouvoir en chaparder leur plait énormément. » La récolte, qui selon toute probabilité ne cessera d’augmenter au fil des ans, est entièrement consommée par la famille. Au début, les premières petites pommes furent partagées en quatre parts égales afin que chacun puisse en savourer un morceau. « Si tout va bien, on peut certainement s’attendre à cinq cents pommes par an. Ce ne sera certainement pas trop pour nous car nous raffolons des fruits. Mais, naturellement, nos invités peuvent se régaler aussi. »

Tout se passe donc comme dans le meilleur des mondes ? « Les oiseaux nous causent bien quelques soucis » nous confie Bart. « Les pigeons nous piquent des groseilles, et les perruches à collier bectent les fruits et les font tomber. On risque de se retrouver sans récolte. Nous devons donc prendre un certain nombre de mesures. Les filets ne sont pas fort esthétiques. Et, réflexion faite, acheter un pistolet à air comprimé ne me semble pas non plus être la meilleure solution. Nous allons probablement accrocher des objets brillants pour effaroucher les oiseaux. » Ont-ils d’autres rêves pour leur jardin urbain ? « Oui, une serre pour des fruits méridionaux comme les melons, ça me plairait bien », nous avoue Lutgard.

Et aux autres fruiticulteurs amateurs ils recommandent la patience. « On ne peut pas vouloir que le jardin soit aménagé dès le début. Il faut que les choses croissent, au sens propre et au sens figuré ! » Bart a découvert que le plaisir ne réside pas uniquement dans la consommation des fruits. « Voir pousser les arbres et arbustes, les tailler, les soigner… Pour rien au monde je ne voudrais être privé de tout cela ! » Bart et Lutgard sont aussi très positifs par rapport aux conseils qu’ils ont trouvés auprès des professionnels : « Il suffit d’aller trouver un bon pépiniériste avec quelques photos de sa maison et de son jardin et de lui demander un conseil sur mesure. De cette façon l’arbre qu’on achète se retrouve à la bonne place et les belles récoltes ne se feront pas attendre. Il existe, à coup sûr, une variété adaptée au jardin de chacun ! »

 

  • Emplacement: Molenbeek
  • Superficie: 150 m²
  • Espèces fruitières: 11 pommiers, 5 poiriers, 2 petits muriers, 1 figuier, 1 cognassier, 
1 vigne, kiwaïs, poires-melons (pepino), pêcher, groseilliers.
  • Âge des arbres: 2 ans
  • Types de fruitiers: Principalement espaliers et basses tiges. Exception : cognassier demi-tige.

Velt porte le projet « Verger Partagé, à Bruxelles ». Si vous avez des questions, adressez-vous à [email protected]. Nos amateurs de fruits expérimentés vous aideront à y voir plus clair.

Naturellement nous travaillons aussi en partenariat avec des organismes bruxellois de premier rang tels que :