Cela fait dix ans que Chantal Callens loue une parcelle de 200 m2 dans les jardins ouvriers « Op den Berg », à Woluwe-Saint-Lambert. Elle y a installé, outre un potager, une véritable petite forêt comestible faite d’arbres fruitiers de toute espèce. « Chaque année, je plante un fruitier au minimum », nous raconte la jardinière avec enthousiasme.

En dehors de sa parcelle, elle entretient, avec les autres jardiniers des arbres fruitiers et petits fruits plantés sur les espaces communs ? « Il y a une bonne entente dans les jardins, on se donne des coups de main l’un l’autre. » Le bourgmestre est aussi très motivé et apporte son aide où et quand il peut. Il fait déposer du broyat, avec lequel les jardiniers entretiennent les allées et paillent leur parcelle.

Les jardins ouvriers se trouvent partiellement sur le domaine de l’ancienne ferme Hof ten Berg où, après la Seconde Guerre mondiale, la population venait cultiver de quoi se nourrir. À présent, le domaine est classé patrimoine protégé, ce qui met une partie des parcelles à l’abri d’allotissement.  « J’estime qu’il est important de préserver les jardins ouvriers. N’ont-ils pas permis à une partie de la population de survivre après la Deuxième Guerre mondiale ? Non seulement ils fournissaient de la nourriture mais ils retenaient les hommes loin des cafés. Nous ne pouvons laisser cela se perdre. » En plus des jardins ouvriers, le domaine dispose aussi d’une ferme pédagogique, avec des ruches et des poules. Les jardiniers y donnent de temps en temps un coup de main. A côté du domaine, il y a une zone marécageuse et un puits ancien mais bien pratique pour l’arrosage des jardins.

Chantal cultive ses légumes, herbes et fruits de manière écologique, comme tous les autres jardiniers. « J’applique les principes de permaculture dans l’ensemble du jardin. Dès lors j’essaie de tailler le moins possible, mais parfois il faut supprimer l’une ou l’autre branche pour éviter que les arbres ne prennent trop de lumière. Les branches taillées, je les réutilise soit pour faire des clôtures soit pour en faire des tas où les hérissons peuvent faire leur nid. Aujourd’hui, je sais ce qu’il faut faire, mais quand j’ai commencé je faisais beaucoup d’erreurs. Heureusement, je pouvais faire appel aux voisins, des personnes âgées avec beaucoup d’expérience. J'ai été une des premières femmes dans ce jardin familial, mais à présent nous sommes plus nombreuses. »

Deux poules se promènent dans son verger : elles éliminent des parasites et fournissent de l’engrais. Elles passent la nuit à l’abri de leur poulailler. C’est préférable, étant donné qu’un couple de renards a élu domicile à proximité. « Je vois aussi beaucoup d’oiseaux : piverts, mésanges bleues, moineaux, rossignols, bouviers et grandes corneilles. C’est un peu de campagne dans la ville. » « J’ai quatre enfants, dont un qui nécessite des soins permanents. Vivre à la campagne n’était pas imaginable pour moi. Grâce à ce jardin ouvrier, je peux vivre au rythme des saisons. De plus cela me rend complètement zen. Le jardin m’aide à méditer. »

Pourtant, tout n’est pas toujours au beau fixe. Tantôt l’été est trop humide, tantôt il est trop sec. « Nous devons sans cesse nous adapter. Heureusement, j’ai eu de belles récoltes l’année dernière grâce au puits. Hélas ! nous sommes aussi victimes de vols : on vient nous dérober des fruits et des légumes la nuit. Non, pas toujours des personnes ! Grâce aux caméras infrarouges que nous avons installées, nous avons découvert qui, depuis des années, venait dépouiller nos groseilliers rouges… Les renards ! Ils se couchent sous les arbrisseaux et cueillent nos groseilles, tout au long de la nuit. Le lendemain matin il n’y a plus une seule groseille sur le buisson ! »

L’inverse arrive aussi : la nature nous comble avec une récolte abondante. « Lorsqu’il y a trop pour mes enfants et moi-même, je partage avec d’autres jardiniers. Et eux font de même. À l’entrée du terrain nous déposons des sacs avec les surplus de récolte, et chacun prend ce dont il ou elle a envie. » Chantal confectionne aussi des confitures avec ses fruits. Les coings du verger collectif, elle les transforme en délicieuse gelée.

Chantal et ses collègues jardiniers ne se contentent pas de soigner et cultiver leur parcelle. Le printemps dernier, ils ont ouvert les portes des jardins familiaux au public. « Cela attire toujours beaucoup de monde, et les gens sont fort intéressés ! ». A-t-elle d’autres conseils pour ceux et celles qui voudraient se lancer ? « Ne jamais se laisser décourager et être patient », est la réponse de Chantal. « Au début, on veut que tout aille vite et pousse rapidement, mais c’est la nature qui décide. »

A-t-elle d’autres projets pour le jardin ? « Oh ! oui, j’ai encore beaucoup d’idées ! Ainsi, par exemple, j’aimerais transformer mon potager en potager de curé : je voudrais le diviser en quatre parcelles, avec, au milieu, un massif de fleurs et autour des quatre parcelles je planterai de l’osier en guise de brise-vent. » Un jardin de plantes médicinales est aussi sur ma liste de souhaits. D’ici deux ans je prendrai ma retraite et j’aurais alors plus de temps pour travailler au jardin. Je me réjouis déjà ! »

 

Lieu du jardin

Guillemets à Woluwe-Saint-Lambert

Superficie

Parcelle de 150 m2

Espèces fruitières

Sur sa parcelle: 2 cerisiers, 1 mirabellier, 2 prunier, 2 pommiers, 1 vigne, 1 kiwi, 1 figuier, 2 noisetiers, 1 pêcher

dans les espaces communs: groseilliers rouges, blancs et noirs, 1 cognassier, noyer

Age des arbres

Entre 1 et 10 ans

Forme

Sur sa parcelle, uniquement basses-tiges, sur les espaces communs aussi des hautes-tiges.

Estimation de la récolte

La production varie selon le temps, mais on peut compter sur plusieurs kilos par arbre.


Velt porte le projet « Verger Partagé, à Bruxelles ». Si vous avez des questions, adressez-vous à [email protected]. Nos amateurs de fruits expérimentés vous aideront à y voir plus clair.

Naturellement nous travaillons aussi en partenariat avec des organismes bruxellois de premier rang tels que :