Pour la Commune bruxelloise d’Etterbeek, jardiner ne se réduit pas à planter des végétaux. Voilà pourquoi, dès 2010, elle a mis un terrain de 2 700 m² à la disposition des habitants, gratuitement.  « Nous souhaitons favoriser les liens entre les habitants », déclare Nathalie Urbain qui, avec Marie Feller d’Etterbeek Durable, veille à l’épanouissement de ce programme.

À Etterbeek, le long de la voie ferrée, s’étendent Les Jardins participatifs d’Etterbeek.  En 2009 les jardins furent aménagés, à l’initiative de la Commune, sur un terrain d’une superficie de 2 700 m² appartenant à Infrabel. Les habitants de la commune peuvent y jardiner, de manière écologique, après en avoir fait la demande.

Les jardins se composent de plusieurs parties et sous-projets. On y trouve aussi bien des jardins potagers qu’une zone de détente, un compost collectif, un jardin adapté, une zone pour maraichage biologique et un verger. Chaque zone est gérée par une association à caractère sociale et/ou environnementale.

Un verger conservatoire.

La Commune fit appel à l’association Flor & Pomone pour l’aménagement d’un verger « conservatoire ». « Nous l’utilisons pour conserver d’anciennes variétés » nous confie Nathalie. « Avec Jean-Pierre Wesel, le fondateur de Flor & Pomone, nous avons sélectionné une grande diversité non seulement de fruits et de baies mais aussi de formes et de techniques. Il y a des arbres en forme libre et des arbres palissés. Au fond du verger, nous avons aménagé un verger expérimental en carré : un verger en forme de quadrilatère qui entoure un espace pour un potager. »

Lorsque Jean-Pierre Wesel se retira de l’équipe des jardins, Françoise De Smet, membre de Flor & Pomone, fut engagée pour la gestion du verger : « Certaines variétés ne se prêtent pas au palissage, ce qui explique leur croissance plutôt désordonnée. Ils illustrent, en fait, ce qu’il ne faut pas faire », dit-elle en riant. « Mais c’est ainsi qu’on apprend ! »

Trois objectifs.

Apprendre est justement un des objectifs de ce jardin. Aussi, huit fois par an, Françoise mène un atelier pour montrer aux personnes intéressées comment gérer un verger. On peut y apprendre les techniques de la taille, du greffage, de l’écussonnage, du palissage… Les ateliers sont gratuits, mais l’idée est que, après le cours, le participant mette la main à la pâte et participe à la gestion du verger.

Par ailleurs, la Commune veut fournir aux habitants la possibilité d’entrer davantage en contact avec la nature. « Il nous parait important d’augmenter autant que faire se peut la nature et la biodiversité au cœur de la ville », nous confie l’échevin de la transition écologique Françoise De Halleux. « C’est pourquoi il y a dans les jardins des poules, un rucher, un talus naturel et une mare. Nous voulons faire revivre la nature en ville, même le long d’une voie ferrée, ce qui, à première vue, n’est pas particulièrement engageant. »

Le troisième objectif est de créer davantage d’occasions de contact entre les habitants, en mettant à leur disposition un espace de rencontre. Le jardin a donc également un but social, car, en effet, il rassemble pas mal de monde. Les jardiniers et les bénévoles y trouvent leur content. « Le groupe ne cesse de s’agrandir », constate Françoise De Smet.

Apprendre à partager.

Mais un groupe de cette importance amène parfois son lot de tensions. Surtout au moment de la répartition de la récolte. Nathalie, déléguée de la Commune, nous  informe que : « En gros, le principe veut que la récolte soit répartie entre les jardiniers et les participants aux ateliers ou journées de travail. »

Mais selon Françoise De Smet les choses se passent différemment dans la réalité : « Certaines personnes sont enclines à ne pas penser aux autres et à se servir copieusement. Il est regrettable aussi que les fruits soient cueillis avant maturité. Cette tendance, nous essayons d’y remédier en plaçant un écriteau à chaque arbre, indiquant la variété et la période où le fruit est prêt à être cueilli. »

Un jardin participatif, c’est une belle aventure mais qui comporte pas mal de défis.  « Parmi les défis », nous dit Françoise, « l’un des plus important est d’apprendre aux gens à partager. » « C’est valable pour le jardin dans son ensemble. En tant que municipalité, vous pouvez prévenir cela en évitant de donner trop à la fois aux gens et en leur fournissant l’assistance et les conseils appropriés. La municipalité ne peut pas s’attendre à ce que les jardiniers fassent du travail social. Si vous mettez trop de charges sur les volontaires, vous les perdez. »

Davantage de jardins participatifs à Etterbeek !

La municipalité a, bien sûr, encore d’autres projets avec les jardins. « Les jardins changent sans cesse, nous savons donc ce qu’il faut faire. Un nouveau projet est prévu au calendrier : nous comptons bientôt doter le jardin Jean-Félix-Hap d’un jardin participatif. Nous y intègrerons un certain nombre d’éléments nouveau comme, par exemple, l’aquaponie. Mais ça, c’est pour l’année prochaine. »